Série 2 (5/7 – commentaire)
L’idée de résonance que j’ai lancée au début du billet précédent m’a été suggérée par le titre d’un colloque auquel j’avais prévu d’assister ensuite : « Grands modèles de langue : résonance ou raisonnement ? ».
Cette idée n’est pas fondamentale, mais elle permet de préciser encore un peu la description des LLM.
Elle suggère qu’il y a une forme de couplage, on pourrait dire aussi d’isomorphisme structurel, entre les LLM et le langage, ce qui est bien sûr recherché lorsqu’on crée un modèle (une modélisation).
A ma grande surprise, lorsqu’ensuite, pendant le colloque « Grands modèles de langue : résonance ou raisonnement ? », j’ai posé aux organisateurs, la question du sens pour eux du mot résonance qu’ils avaient choisi dans leur titre, la réponse fut très décevante. C’était une simple manière de proposer une alternative négative au mot « raisonnement ». Leur titre était une sorte de jeu de mot pour dire : est-ce que les LLM raisonnent pour de vrai, ou bien résonnent comme des tambours creux ?
Plusieurs personnes se montrèrent alors déçues, comme moi, que le mot résonance ait eu si peu de sens pour ceux qui l’avaient quand même choisi dans le titre d’un colloque.
Ils auraient pu avoir en tête certaines des idées contenues dans les billets précédents de ce blog, sur les rapports entre les grands modèles de langage (LLM) et le langage lui-même et sur la façon dont cela peut nous amener à dire – ou à ne pas dire – que les LLM raisonnent effectivement.
Je reviendrai peut-être sur ce colloque, mais je peux déjà donner mon sentiment principal : plusieurs intervenants étaient, au fond, prêts, en suivant un point de vue fonctionnaliste, à dire que les LLM raisonnent effectivement. Mais tout le monde se tenait sur ses gardes et avançait avec prudence de peur de se faire « flinguer » par ceux que j’appelle les « minimiseurs », depuis le début de ce blog et qui étaient présents en nombre.