Série 1 (10/10)

On peut se demander en voyant les gens utiliser chat GPT ou Gemini comme un simple moteur de recherche, pour préparer leur vacances ou trouver une recette de cuisine, si l’expression “tournant de l’histoire”, employée dans le billet précédent, est bien appropriée. 
Mais rentrons un peu dans le détail de sa réponse.

On peut retenir l’idée qu’il propose : avec l’écriture, les humains avaient externalisé une faculté mentale, la mémoire. Avec l’IA voilà une autre faculté externalisée : l’opération sur les symboles — schématiser, traduire, raisonner, synthétiser.
Qu’est-ce que cette externalisation change ?
Qu’est-ce que cela peut faire aux humains que des machines manient le langage, souvent avec plus d’agilité que la plupart d’entre eux ?
Qu’est-ce que cela peut leur faire qu’elles les battent à plat de couture aux échecs, au jeu de Go ?
Qu’elles résolvent des problèmes mathématiques de haut niveau, pour certains non encore résolus ?
Qu’est-ce que cela va changer à leur manière de voir leur propre pensée ? Leur langage ?
Qu’est-ce que cela va changer à leur manière de vivre ?
Pour l’instant… on peut se contenter de reprendre la (prudente) conclusion de Chat GPT :
“On ne sait pas encore si cette transformation se stabilisera comme un simple outil très puissant…
… ou si elle entraînera un basculement plus profond dans la manière dont les humains vivent, apprennent, créent et se représentent eux-mêmes.”
Ce qui m’intéresse dans ce blog, c’est ce thème : ce qui est en train de changer, face à l’intelligence artificielle, dans la façon dont nous représentons nous-mêmes, donc dans nos croyances -souvent pleines d’illusions- sur ce que nous appelons « esprit », « penser », « intelligence »…