Série 2 (2/7 – commentaire)
On commence à sentir plus concrètement, dans le dialogue précédent, comment l’existence des LLM, va nous obliger à déplacer notre point de vue sur nous-mêmes.
Ces LLM nous montrent en effet concrètement une forme d’autonomie du langage. A l’instant où nous avons la sensation intime d’être « seuls aux commandes » de notre parole, nous sommes en fait largement emportés par des formes, des structures, des relations… qui nous échappent et nous dépassent.
Nous pouvions éventuellement l’admettre en théorie, auparavant, sans que notre sensation intime en soit changée.
Mais désormais, nous voyons le langage « se produire » sous nos yeux dans une machine impersonnelle. Alors ? Le langage parle-t-il à travers nous, comme il parle à travers des machines sans vie ?
Qu’est-ce que nous faisons exactement quand nous parlons ?
Et notre intelligence ? Notre pensée, nos raisonnements, ne sont-ils pas largement téléguidés par les structures du langage.
Nous chevauchions un animal décidément puissant, en ayant l’impression d’en être les maîtres.
Nous pensions qu’il n’était rien sans nous. Et voilà que nous le voyons caracoler dans la prairie, librement.
Et courir souvent plus vite et mieux que lorsque nous étions sur son dos.