Après la conférence de Daniel Andler, dont j’ai parlé en juin, j’ai continuité à réfléchir à la question du langage. Par ailleurs, j’ai poursuivi des échanges avec Chat GPT.
Tout cela m’a amené à m’interroger, puis à l’interroger, lui, sur l’articulation et les liens entre langage et pensée.
Voici, par exemple, un échange avec Chat GPT qui permet de poser la question.
Je rendrai compte ensuite de mes propres réflexions et de celles que j’ai pu trouver ailleurs.
Conversation avec GPT :
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Cette conférence donnée au Collège de France le 4 juin 2025 est mal référencée.
Mais, on la trouve ICI.
Ce que dit Andler me conforte largement dans ma critique de ceux que j’ai appelés les « minimiseurs ».

Daniel Andler est un philosophe, bon connaisseur des questions numériques, mais aussi un spécialiste des sciences cognitives, ce qui fait toute la différence.
Il a écrit : Intelligence artificielle, intelligence humaine : la double énigme
A partir de 11:15, dans cette vidéo, il rend compte de la position des « minimiseurs », qu’il appelle de son côté « la position standard », reconnaissant qu’elle est adoptée par un grand nombre d’experts. Puis il la critique point par point.
Un informaticien et un philosophe se sont associés pour écrire ensemble un livre. L’intelligence artificielle n’est pas une question technologique.
Ils sont invités par une grande institution de la recherche en informatique.
On forme l’espoir d’une réflexion de bon niveau.
On se dit : ces deux compétences vont se compléter, voire s’additionner, éclairer les débats encore confus, autour de l’événement Chat GPT, encore chaud.
Série 1 (10/10)
On peut se demander en voyant les gens utiliser chat GPT ou Gemini comme un simple moteur de recherche, pour préparer leur vacances ou trouver une recette de cuisine, si l’expression “tournant de l’histoire”, employée dans le billet précédent, est bien appropriée. Mais rentrons un peu dans le détail de sa réponse.
Continue readingSérie 1 (9/10)
Avant de terminer cette série, j’ai lancé une autre conversation (moins longue) avec Chat GPT sur un ton un peu grandiloquent, pour m’éloigner clairement de la démarche des “minimiseurs”. Et il est entré dans le jeu. Il a tendance à approuver les idées qu’on lui propose : il est clairement réglé pour ça. Mais ensuite, il nuance et rentre un peu dans les détails. On verra dans un autre billet ce que l’on peut en retenir.
Continue readingVous y trouverez mes observations et mes réflexions sur les Grands modèles de langage (LLM), du type Chat GPT.
Ces billets sont classés du plus récent au plus ancien.
Si vous voulez aller au début, il faut donc scroller vers le bas.
Ou bien aller sur cette page qui propose une vue d’ensemble du blog.
Bonne lecture.
Série 1 (8/10)
Je copie donc ici une conversation (plus longue que les autres articles de cette série) avec Chat GPT qui porte en partie sur les questions abordées dans les billets précédents.
Cet échange resitue aussi un peu l’évolution des modèles de langage.
Chat GPT se montre très modeste et prudent au début, jouant presque le rôle d’un « minimiseur ». Il devient plus direct ensuite, lorsqu’il parle d’émergence. Et de manière plus du tout modeste, il finit en affirmant que les LLM « manifestent des propriétés cognitives ». J’y reviendrai bien sûr.
Série 1 (7/10)
Je continue à m’étonner :
Un phénomène s’est produit qui ne s’était peut-être jamais produit dans une machines auparavant. Un phénomène qui a surpris ceux ( les ingénieurs) qui l’ont provoqué en essayant d’améliorer leurs systèmes.
Un phénomène que l’on peut clairement qualifier d’émergent, puisqu’il n’était pas explicitement codé par les concepteurs de la machine. Ce phénomène c’est l’avénement de la compréhension et de la production du langage naturel.
Série 1 (6/10)
Pourquoi la plupart des conférenciers que j’ai entendus étaient-ils si négatifs sur les « intelligences artificielles » ? Si acharnés à minimiser leurs capacités ?
Pourquoi évitent-ils à tout prix de dire qu’une frontière a été franchie de manière étonnante ?
Je propose ici, de manière ludique, 4 hypothèses pour expliquer ces réactions :
Série 1 (5/10)
Non seulement, on n’oublie pas ici que les LLM sont hébergés par des machines, qu’il n’y a pas d’intention dans les productions de ces systèmes, pas de vécu subjectif et qu’ils n’ont rien à voir avec des êtres vivants, non seulement tout cela, donc, mais même on le souligne.
Parce que justement, c’est cela qui est intéressant et qui permet d’ouvrir une réflexion nouvelle.
Série 1 (4/10)
La compréhension du langage naturel par des machines (dites douées d’intelligence artificielle) semble être passée comme une lettre à la poste pour un très large public.
Arrêtons-nous un instant sur ce point, et commençons par un effort d’étonnement. Après tout l’étonnement est le point de départ de toute vraie réflexion, comme le disait Socrate.
Série 1 (3/10)
“Lorsque les philosophes et les scientifiques ont étudié l’esprit, ce fut souvent avec le présupposé que l’objet de leur étude était, avant tout, l’esprit humain. Les autres esprits biologiques – animaux – ont longtemps été négligés ou sous-estimés, même s’ils ont été l’objet d’un intérêt croissant au cours des dernières décennies. Plus récemment, les progrès frappants de l’intelligence artificielle…
Continue readingSérie 1 (2/10)
J’attaque donc tout de suite le sujet évoqué à la fin du premier billet.
J’aborderai bien d’autres aspects des LLM, les “Large langage models”.
Mais je dois m’arrêter sur cette réaction qui m’a fait sursauter dès 2024, celle des nombreux “sachants”, chercheurs dans le domaine numérique ou philosophes.
Série 1 (1/10)
Je commence donc avec les Grands modèles de langage (les LLM, c’est-à-dire Chat GPT & co), en évoquant brièvement la réaction du grand public.
Pourquoi je commence ce blog qui va parler beaucoup d’intelligence artificielle, alors que je suis mentalement plongé jusqu’au cou, ou plutôt submergé depuis plusieurs années dans le constat du désastre du dérèglement climatique qui conduit désormais l’humanité vers le temps des catastrophes ?